jeudi 25 décembre 2014

Le livre de Noël

Joyeux Noël à tous ! Pour l'occasion un petit cadeau qui reflète pleinement l'esprit de Noël. Il s'agit d'un court récit autobiographique de la grande Selma Lagerlof, la maman de Nils Holgerson. Elle y évoque le plaisir de l'attente, le partage d'un moment convivial en famille, jusqu'au moment de l'ouverture des cadeaux et, dans la simplicité, la découverte de celui qui va la faire voyager loin à la rencontre de mondes merveilleux :

« Rien ne peut surpasser le bonheur de se trouver là, avec dans les mains un livre plaisant reçu en cadeau pour Noël, un livre que l’on n’avait jamais vu auparavant et que personne d’autre dans cette maison ne connaît non plus, et de savoir que l’on pourra en lire les pages l’une après l’autre, pour autant que l’on sache rester éveillé. Mais que faire durant la nuit de Noël si l’on n’a pas reçu de livre ? »

Et vous, avez-vous reçu votre livre de Noël ou son équivalent ?

Voici ci dessous la retranscription du "Le livre de Noël', provenant du recueil du même nom



"Nous sommes assis autour de la grande table à rallonges, un soir de réveillon à Marbacka. Papa à l'une des extrémités, maman à l'autre.

Oncle Wachenfeldt est là aussi -et tante Lovisa, et Daniel, Anna, Gerda et moi. Comme toujours, Gerda et moi sommes assises de part et d'autre de maman, parce que nous sommes les plus jeunes. L'image reste très claire dans mon esprit.

Nous avons mangé de la morue "à la lessive", le riz au lait et les millefeuilles. Assiettes, cuillers, couteaux et fourchettes ont été débarrassés mais la nappe est restée. Les deux bougies à plusieurs branches fabriquées maison brûlent dans leurs candélabres au milieu de la table, entourées de la salière, du sucrier, de l'huilier et d'un gros cruchon en argent, rempli à ras bord de bière de Noël.

Le repas étant terminé, nous devrions quitter la table, mais ce n'est pas le cas. Nous restons assis dans l'attente de la distribution des cadeaux de Noël.

Nulle part ailleurs dans la région qu'à Marbacka on distribue ainsi les cadeaux de Noël après avoir mangé le riz au lait traditionnel. Mais à Marbacka subsistent d'anciennes coutumes et qui nous conviennent. Rien ne peut égaler cette attente qui, des heures durant, tout au long de le veille de Noël, se prolonge parce que l'on sait que le meilleur reste à venir. Le temps s'écoule lentement, très lentement, mais nous sommes convaincus que les autres enfants, qui ont reçu leurs cadeaux vers sept ou huit heures, n'ont pas éprouvé cette jouissance qui est la nôtre en ce moment, en cet instant tant attendu et qui enfin arrive.

Les yeux brillent, les joues s'enflamment, les mains tremblent lorsque la porte s'ouvre pour laisser entrer les deux domestiques déguisés en boucs de Noël et qui traînent deux grosses hottes pleines de paquets jusqu'à la place de maman.

Puis maman en extrait un paquet après l'autre, sans se presser outre mesure. Elle lit le nom du destinataire, parcourt avec difficulté les vers rimés gribouillés qui accompagnent les cadeaux, puis enfin les tend.

Pratiquement muets durant les premiers instants, tandis que nous brisons les sceaux et déplions les papiers, nous poussons bientôt, l'un après l'autre, un cri de joie. Puis nous parlons, rions, examinons l'écriture sur nos paquets, comparons nos cadeaux et laissons la joie nous envahir.

Le réveillon auquel je pense en ce moment, je venais d'avoir dix ans et je suis assise à la table de Noël aussi impatiente et tendue qu'on peut l'être. Je sais si bien ce que j'aimerais recevoir. Il ne s'agit ni de beaux tissus pour confectionner des robes, ni de dentelles ou de broches, ni de patins à glace ou sachets de friandises ; non, il s'agit de tout autre chose. Pourvu que quelqu'un ait l'idée de me l'offrir !

Le premier cadeau que je sors de son emballage est une boîte à ouvrage, et je comprends immédiatement qu'il est de maman. La boîte contient de nombreuses petites cases à l'intérieur desquelles elle a rangé des paquets d'aiguilles, de la laine à repriser, un écheveau de soie noire, de la cire et du fil. Maman tient sans doute à me rappeler que je devrais essayer de faire des progrès en couture et pas seulement songer à la lecture.

Anna m'offre une petite pelote à épingles très joliment galonnée et qui s'adapte à une des cases de la boîte à ouvrage. Tante Lovisa me fait cadeau d'un dé à coudre en argent, et Gerda a brodé un petit modèle d'initiales qui me permettra dorénavant de marquer moi-même mes bas et mes mouchoirs. Aline et Emma Laurell sont rentrées chez elles, à Karlstad, mais elles ont pensé à moi et à nous tous. De la part d'Aline, on me tend de petits ciseaux de brodeuse, rangés dans un étui qu'Aline a confectionné elle-même, à partir d'une pince de homard et d'un coupon de soie. Emma m'offre un petit hérisson de laine rouge, bardé d'épingles en place de ses piquants.

Toutes ces petites choses que je viens de recevoir sont avant tout pratiques mais je commence à m'inquiéter. J'ai là tout ce qu'il faut pour la couture. Mais si jamais je ne recevais pas ce que j'espère !

Car il me faut expliquer comment les choses se passent à Marbacka le soir du réveillon. On a le droit de tirer une petite table au chevet de son lit et d'y poser une bougie, et puis l'on a le droit de lire aussi longtemps qu'on le désire. Et cela constitue le plus grand des plaisirs de Noël. Rien ne peut surpasser le bonheur de se trouver là, avec dans les mains un livre plaisant reçu en cadeau de Noël, un livre qu'on n'avais jamais vu auparavant et que personne d'autre dans cette maison ne connaît non plus, et de savoir que l'on pourra en lire les pages l'une après l'autre, pour autant que l'on sache rester éveillé. Mais que faire durant la nuit de Noël si l'on n'a pas reçu de livre ?

C'est à cela que je pense tandis que, un élément après l'autre, je découvre mon nécessaire de couture. Mes oreilles commencent à s'échauffer, assurément il s'agit là d'une véritable coalition. Et si jamais je ne recevais pas de livre de Noël ?

Daniel m'offre une délicate aiguille à crocheter en os, Johan une jolie petite plaque à enrouler les écheveaux et, pour finir, papa me présente un gros cadeau : un tambour à broder qu'il a commandé à l'excellent menuisier d'Askerby. Parfaitement identique, m'explique-t-il, à celui que ses soeurs utilisaient quand elles et lui étaient petits.

- Tu deviendras sûrement une excellente couturière, me dit maman, avec toutes ces jolies choses qu'on t'a offertes.

Les autres rient. On voit à mon air que les cadeaux reçus ne me satisfont pas pleinement, et tous trouvent sans doute qu'ils m'ont joué un bon tour.

La distribution tire à sa fin et, avec tous ces cadeaux reçus, je ne peux guère m'attendre à plus.

Tante Lovisa a reçu un roman et deux almanachs, le Svea et le Nornan, dont je profiterai certainement moi aussi un jour, mais que ma tante lira en premier. Oh non, ce n'est pas simple d'avoir l'air gaie et de prendre son parti d'une telle situation.

Quand maman sort le dernier paquet de la hotte à cadeaux, je comprends à sa forme qu'il s'agit d'un livre. Il ne sera bien évidemment pas pour moi. On a sans doute décidé d'avance que je n'aurai pas de livre.

Le paquet m'est adressé, pourtant et, dès que je le tiens entre mes mains, je sens qu'il s'agit bien d'un livre. Je rougis à l'instant et, dans ma précipitation pour emprunter les ciseaux, je pousse presque des cris. Je coupe la ficelle, j'arrache le papier à toute vitesse, et voilà devant mes yeux le plus joli des livres, un livre de contes de fées. Ce que je comprends en regardant l'image de la couverture.

Je sens que tous autour de la table me regardent. Ils savent bien sûr que ceci est mon meilleur cadeau, le seul qui me fasse véritablement plaisir.

- Quel livre as-tu reçu ? demande Daniel en se penchant vers moi.

J'ouvre la couverture et reste bouche bée à regarder la page de titre. Je ne comprends pas un mot.

- Fais voir ! dit-il, puis il lit : Nouveaux contes de fées pour les petits enfants, par Mme la comtesse de Ségur.

Il referme le livre et me le rend.

- C'est un livre de contes en français, me dit-il. Tu vas avoir de quoi t'amuser.

Durant un semestre, Aline Laurell m'a donné des cours de français mais, maintenant que je feuillette les pages de ce livre, je n'en comprends pas un mot.

Recevoir un livre en français est presque pire que de ne pas recevoir de livre du tout. J'ai du mal à retenir mes larmes mais, heureusement, j'aperçois une des planches illustrées.

Là, la plus charmante des petites princesses voyage dans une voiture attelée à deux autruches et, sur le dos d'un des deux oiseaux, chevauche un jeune page portant un chapeau décoré de plumes et une veste brodée d'armoiries. La princesse elle-même arbore de grandes manches bouffantes et un large col luxuriant. Les autruches sont coiffées de longs panaches et les rênes sont doublées d'épaisses chaînes en or. Rien ne saurait être plus gracieux.

A mesure que je feuillette, je découvre alors un véritable trésor de planches illustrées sur lesquelles figurent de fières comtesses, des rois magnifiques, de nobles chevaliers, des fées étincelantes, d'abominables sorcières, de merveilleux châteaux enchantés. Non, on ne pleure pas sur un tel livre, fût-il en français.

Et, durant toute la nuit de Noël, je reste allongée à contempler les images, et surtout la première, celle aux autruches qui, à elle seule, suffit à distraire pendant des heures.
Le jour de Noël, dès après la messe du matin, je sors un petit dictionnaire français et me lance dans la lecture du livre.

Ce n'est pas facile. J'ai, jusque-là, seulement étudié avec la méthode Grönlund. Si ces contes de fées parlaient du "petit chapeau du grand homme" ou du "parapluie vert du bon menuisier", je comprendrais, mais comment me débrouiller dans un tel texte en français et se déroulant sur plusieurs pages ?

Le livre de contes commence ainsi : Il était une fois un roi. Qu'est-ce que cela peut pouvoir dire ? Une heure au moins s'écoule avant que je sois capable de comprendre comment cela peut se traduire.

Mais les dessins m'attirent. Je veux savoir ce qu'ils représentent. Je devine, et je cherche dans le dictionnaire et ainsi progresse, laborieusement, ligne par ligne.

Et, quand vient la fin des congés de Noël, le joli petit livre m'a enseigné plus de français que ce que j'aurais assimilé en plusieurs années avec la méthode Aline Laurell et Grönlund."

mercredi 17 décembre 2014

Etre vigilant pour ne plus réagir, mais agir...


«La vigilance me permet de voir ce qui est au-dehors de moi, la circonstance que je rencontre, les conditions dans lesquelles je me trouve, et de voir la façon dont je réagis. Je vois une émotion qui se lève en moi, je vois une crainte, je vois un refus, je le vois…
Et ce JE qui voit n’est plus l’ego. C’est une vision tellement honnête et désintéressée qu’elle ne peut plus être une fonction de l’ego. Si nous sommes vigilants nous ne pouvons plus « penser », au sens péjoratif du mot penser. Nous éliminons tous les fonctionnements de l’ego qui nous coupent de la réalité.

Cette réalité vient à nous et nous en prenons connaissance directement, par une communion, avec toutes nos facultés de perception, avec notre sensation, notre sentiment et notre intellect, de façon objective, impersonnelle, silencieuse. Si la vigilance est active, le mental fait place à la buddhi, c’est-à-dire la vraie intelligence qui voit quel acte doit être accompli, quelle décision doit être prise. C’est la nécessité même des circonstances qui vous dicte la réponse, qui décide à votre place. Sans vigilance les prétendues actions ne sont que des réactions et, comme le disait Gurdjieff, l’homme n’est qu’une machine.»

"Au-delà du Moi" - Arnaud Desjardins

Photo de Eredel


Plus de paroles de sagesse et d'éveil sur le blog de Phytospiritualité 




mardi 16 décembre 2014

"Nous vivons et nous mourons de nos images, pas de la réalité"



"Un fait divers qui m'avait ébranlée. Un employé des chemins de fer était entré dans un wagon frigorifique pour le nettoyer, et la porte s'était refermée derrière lui. Et le voilà enfermé dans ce wagon frigorifique. Comme c'était un vendredi soir, il est resté tout le week-end dans ce wagon frigorifique et évidement il est mort de froid. Seulement voilà, la réfrigération n'était pas branchée et il y avait 18° dans le wagon ! A l'autopsie, son corps a montré tous les symptômes d'une mort par refroidissement. Cet homme est donc mort de la représentation qu'il avait du froid. Il est mort de son imaginaire ! C'est quelque chose d'extraordinaire !

Nous vivons et nous mourons de nos images, pas de la réalité. La réalité ne peut rien contre nous. La réalité n'a pas de pouvoir contre nous. C'est la représentation que nous en avons qui nous tue ou qui nous fait vivre. Imaginez le contraire, imaginez un employé des chemins de fer enfermé dans un wagon frigorifique branché mais qui survivrait en visualisant le soleil tout un week-end. C'est aussi possible. Bien sûr que c'est possible et c'est ce que nous avons à faire dans cette société, où nous mourons de froid, où nos cœurs meurent de froid. Les pensées négatives sont puissantes et nous aspirent vers leur noirceur. Et la même force est à notre disposition dans la ferveur."

 Du bon usage des crises - Christiane Singer

Photo de AndreyBobir

dimanche 14 décembre 2014

Vaccinations, le débat est ouvert


En février 2009, suite à la diffusion du documentaire "Silence on vaccine", le Professeur Tapiéro de l'Université de Montréal, a signé une tribune afin de rassurer le grand public sur la vaccination, nous assurant, au singulier (ici), qu'il n'y avait pas de débat à avoir sur la question, et qu'il fallait "faire confiance aux professionnels de santé qui sont au coeur de l'action et en mesure de transmettre des réponses justes et franches."

Il est vrai qu'en réponse à ce documentaire alarmiste, il était nécessaire de rappeler les immenses bienfaits en terme de santé publique de la vaccination, ou plus précisément de certains vaccins et de certaines campagnes de vaccination. Cependant, alors que cette tribune circule à nouveau dans les réseaux sociaux, il est important de souligner que l'intitulé de cette dernière (et une partie de son contenu) apparait pour le moins comme problématique, si ce n'est, dans une certaine mesure non négligeable, comme inquiétant.

En effet, concernant la vaccination, ou plus précisément les vaccinations, pour certaines le débat est loin d'être clos. Et affirmer le contraire, aujourd'hui encore plus qu'hier, ouvre malheureusement un boulevard aux mouvements anti-vaccinalistes et ferme la porte à toutes discussions, réflexions et analyses critiques.

Cet intitulé (vaccination le débat est clos) est d'autant plus problématique que ne pas admettre le débat et la réflexion critique sur les vaccins c'est laissé une place grandissante à la main mise de l'industrie pharmaceutique sur la connaissance médicale.

Comme le souligne le Dr Marc Girard, expert en pharmacovigilance - en particulier en ce qui concerne la tolérance du vaccin contre l'hépatite B (sur lequel il a été missionné, notamment par les autorités judiciaires, des milliers d’heures) : "les vaccins sont devenus le secteur préféré d’une industrie naguère prestigieuse mais passée en quelques années sous la coupe des lobbies financiers exclusivement soucieux de rentabilité à court terme. Pour apprécier la perte de savoir-faire par quoi s’est forcément traduite cette terrible mutation, qu’il vous suffise de comparer la pauvreté de l’innovation dans le secteur pourtant crucial des antibiotiques et l’inventivité grotesque d’un secteur vaccinal qui en est à promettre des immunisations contre le tabac, l’obésité ou l’acné.

On peut dater précisément l’An 1 de l’ère qui a vu la promotion des vaccins devenir le mode opératoire préférentiel d’une criminalité pharmaceutique sans limite : 1988, c’est-à-dire le moment où, de l’aveu même du fabricant concerné, ses commerciaux ont commencé à instrumentaliser l’OMS pour faire de l’hépatite B un problème majeur de santé publique dans les pays développés – ce qu’elle n’était évidemment pas. On a revu, ensuite, exactement le même schéma avec la grippe aviaire, puis porcine. On le voit, toujours à l’œuvre, avec le HPV – l’instrumentalisation des autorités ayant été, dans ce cas, jusqu’à celle du Comité Nobel."
Source : Y a-t-il des raisons objectives de se méfier des vaccins ?


Les propos de Marc Girard sont forts et peuvent sembler exagérer mais il n'en reste pas moins que ce dernier nous propose sur son site de nombreux articles et communications documentés, qui sont très instructifs et révélateurs d'une industrie malheureusement de plus en plus prête à tout pour vendre ses vaccins et faire du business.

Exemple flagrant provenant ici du blog du docteur du 16 : "Le directeur de la section GSK médicaments , Norman Begg, dans l’article de reuters cité précédemment, jure, la main sur le cœur, que GSK va tout faire pour que la vérité surgisse. Un peu difficile à croire lorsqu’on sait que  en 2012, GSK A ETE CONDAMNE A PAYER 3 MILLIARDS DE DOLLARS D’AMANDES ET INDEMNITES POUR DES MULTIPLES MANQUEMENTS A LA LEGISLATION AMERICAINE DONT CERTAINS ETAIENT QUALIFIES DE CRIMINELS. S’étalant des années 90 à 2000, les faits incriminés  couvraient toute la palette des fraudes imaginables , allant des cadeaux versés aux médecins jusqu’à la diffusion de faux articles scientifiques pour inciter les médecins à prescrire des médicaments hors AMM et au refus de fournir des données de sécurité pour l’Avandia à la FDA. Ou encore la fraude vis-à-vis de Medicare, l’assurance destinée aux américains les plus pauvres.  [...]GSK a alors plaidé coupable, ce qui est exceptionnel dans ce type de procès, pour éviter des condamnations plus lourdes."
Source : "Les leçons à tirer du pari perdu du Pandemrix" par Claudina Michal-Teitelbaum 

En comparaison alors on peut s'étonner et s'interroger sur l'absence totale d'esprit critique du professeur Tapiéro, et sur la pertinence et la sincérité de certaines de ses affirmations associées à d'autres pourtant tout à fait étayées et sérieuses. Serait-ce sa volonté de convaincre à tout prix qui le conduit à avoir une foi absolue dans la vaccination et ses promoteurs, quitte à fermer les yeux sur ce qui pose question ?

Il est surprenant en tout cas, concernant le "lien entre l’immunisation et diverses entités cliniques", qu'il fasse l'impasse sur l'étude de Hernan et coll de 2004 "qui est de loin la plus crédible des études cas/témoins réalisées sur le risque neurologique de la vaccination contre l’hépatite B, et qui estime à environ 3 le risque relatif de développer une SEP après vaccination."
SourceVaccination contre l'hépatite B : qui croire ? 

A rappeler par conséquent, à tout les professionnels pour qui la vaccination contre l'hépatite B est obligatoire, d'effectuer un dosage d'anti-corps avant d'envisager une revaccination. Si le taux de ce dernier est suffisant, une revaccination n'est pas nécessaire : HEPATITE B : LES MEDECINS DU TRAVAIL FONT LE FORCING !

Egalement, mais à la décharge de l'auteur, la fameuse "pandémie" H1N1 n'avait pas encore sévi au moment il a écrit sa tribune. Mais il est reconnu aujourd'hui, notamment par l'agence suédoise Läkemedelsverket, un lien très net entre le vaccin pandemrix et la survenance de narcolepsie chez les enfants et les adolescents : Pandemrix : un scandale sanitaire, un de plus.

De même, le Professeur Tapiéro porte une accusation très grave et lourde sur un mouvement antivaccinal en Grande Bretagne, qui serait responsable d'une épidémie de rougeole dans ce pays ayant entrainée la mort d'enfants qui n'ont pas été vaccinés. La réalité est pourtant beaucoup plus subtile et complexe et il est très surprenant qu'un spécialiste des maladies infectieuses nous proposent une lecture aussi simpliste - si ce n'est alors pour nous apporter un argument choc et convainquant de poids sur l'absolue nécessité de la vaccination. Se faisant, il se rabaisse au même niveau que certains mouvements antivaccinalistes utilisant l'alarmisme et la peur pour manipulation l'opinion.

Pour prendre du recul et de la hauteur vis à vis de ce discours accusateur, et trop réducteur, sur les différentes flambées d'épidémie de rougeole qu'a connu l'Europe, il faut lire du docteur Claudina Michal-Teitelbaum : "La rougeole : Etat de l'Art sous forme de questionnement". Un article passionnant, très long et technique (pour moi en tout cas qui n'est pas de formation médicale) mais tout à fait éclairant sur la question, qui replace "les événements dans un contexte historique international mais aussi dans une perspective scientifique et de long terme".

Les points importants à retenir de ce article très documenté et démonstratif :

"-La rougeole est une maladie bénigne pour l’écrasante majorité des personnes bien nourries et en bonne santé
-L’efficacité du vaccin varie, selon l’âge, le terrain (pathologies ou traitements, état nutritionnel), la situation géographique
-L’immunité vaccinale, mesurée par les anticorps de type IgG spécifiques est limitée dans le temps, même si elle est prolongée. Certaines estimations (Mossong) basées sur une modélisation mathématique l’évaluent à 25 ans en moyenne.
-L’interruption de la circulation du virus de la rougeole, en cas de poursuite du plan d’élimination, laisserait une part de plus en plus importante de la population sans protection
-La vaccination a fortement diminué les cas de rougeole en France, mais a déplacé l’âge de survenue de la rougeole en cas d’épidémie vers des âges  où celle-ci peut être plus sévère et où le vaccin est ou devient inefficace
 -Il n’y a pas de possibilité de faire de rappel, l’efficacité du vaccin étant alors très limitée et transitoire
-L’infection par la rougeole peut, en revanche, procurer une protection prolongée chez un individu vacciné et dans le cas d’un individu vacciné cette infection se manifeste généralement par une rougeole inapparente, donc asymptomatique, tant que les anticorps dépassent le seuil de 120 ui/ml
 -Atteindre et maintenir un niveau très élevé de couverture vaccinale pour obtenir l’interruption de la circulation du virus est difficile et coûteux, mais ne met pas la population à l’abri d’épidémies tant que l’ensemble des autres pays, en particulier les pays pauvres, n’auront pas atteint le même niveau de protection
 -L’efficacité de cette politique est très difficile à évaluer car les données épidémiologiques sont peu fiables
-L’élimination de la rougeole dans les pays développés n’est pas un facteur de protection pour les pays pauvres
-Le vaccin  a des effets indésirables, ainsi que des contre-indications et précautions d’emploi qu’il est important de respecter pour éviter ces effets indésirables"


En complément, toujours sur la rougeole : dans sa communication "Obligations vaccinales, conséquences sociétales et politiques" faite lors du colloque à la Pitié-Salpétrière du 4 avril 2014, sur la Liberté de soigner,  le Dr Marc Girard nous rappelle que : "À l’époque quand même pas si lointaine où je faisais mes études de médecine, la – volumineuse – Petite encyclopédie médicale [Flammarion Médecine-Sciences, 15e édition, 1977.] de J. Hamburger qui accompagnait nos premiers pas à l’hôpital qualifiait textuellement cette maladie de « bénigne » (p. 649), tandis qu’en sa page 147, l’une des bibles pédiatriques de l’époque estimait que la rougeole était « presque toujours bénigne », en attribuant cette victoire sur une maladie « naguère redoutée » « à l’isolement en chambres individuelles et à l’antibiothérapie qui combat les surinfections » : la vaccination n’y était mentionnée que pour rappeler qu’elle était « coûteuse », pour se réjouir qu’en France, aucune «tendance à une vaccination généralisée ne [s’était] encore manifestée», et pour introduire la mise en garde qu’on ne connaissait pas encore la durée de l’immunité conférée par le vaccin (p. 153).

Que s’est-il donc passé entre ce moment où les plus éminents pédiatres considéraient la rougeole comme une maladie vaincue sans l’aide d’aucun vaccin et aujourd’hui, où les responsables sanitaires – pas tous éminents, tant s’en faut… – ne cessent de présenter cette maladie comme une nouvelle menace sanitaire ? Il s’est passé, justement, qu’on a massivement vacciné, remplaçant de la sorte l’immunité définitive naturellement liée à cette maladie par une immunité regrettablement temporaire et créant, par là même, les conditions pour que la primo-infection naguère considérée comme «maladie bénigne de l’enfance» survienne désormais à un âge où il n’est plus indifférent de la contracter. En d’autres termes, moyennant une vaccination « coûteuse », on a assez bouleversé l’écologie de cette maladie bénigne pour en faire un vrai problème de santé publique. Avec la complicité irresponsable du CTV et d’autres instances connexes, on pourra bien revacciner à tours de bras : outre la toxicité inhérente à tout médicament et une dépense sans cesse croissante, on ajoutera le risque de surcharge vaccinale  (« la mosaïque de l’auto-immunité ») à celui de voir apparaître des primo-infections à un âge de plus en plus avancé, avec au bout du compte un coût iatrogène individuel et collectif sans commune mesure avec celui directement imputable à la maladie telle qu’elle était déjà maîtrisée voici une quarantaine d’années." Source : Obligations vaccinales, conséquences sociétales et politiques

En ce qui concerne l'affirmation du Professeur Tapiéro suivante : "Les vaccins rencontrent les standards les plus élevés de sécurité. Ils sont parmi les outils les plus sécuritaires de la médecine moderne." Peut-être qu'en 2009 pouvait-on encore croire et affirmer cela, cependant pour citer à nouveau Marc Girard : "Dans l’ordre des exceptions à la règle – voire à la loi – on relèvera l’extraordinaire facilité avec laquelle, médicaments pourtant destinés à des sujets en parfaite santé, les vaccins peuvent se trouver dispensés de justifier les événements les plus graves survenus au cours des essais cliniques. Ainsi de ces sept décès survenus en cours des essais cliniques sur Pandemrix, pour la prévention d’une maladie aussi banale que la grippe, avec comme seule information spécifique que ces morts n’étaient « pas liées » au médicament à l’étude. Ainsi du dossier Gardasil où, même devant la FDA, les décès qui se sont produits juste après l’injection (et qui sont, à ce titre, fort susceptibles d’être dus au vaccin) sont purement et simplement noyés dans les décès à long terme, incluant les accidents de la circulation, les suicides et les morts obstétricales… Pour avoir rédigé dans ma vie des centaines de rapports d’étude ou d’évaluation sur la tolérance, je n’avais encore jamais vu que l’on se contentât d’un tel nuage d’incertitude par rapport aux exigences sinon très pointilleuses de guidelines qui contraignent les évaluations des décès en cours d’essai clinique.
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Que dire quant à la durée des études de tolérance : 4 jours avec Engerix, 15 jours pour l’essentiel avec Gardasil ? Ce paradoxe atteste que l’illogisme n’est pas forcément l’apanage des ligues anti-vaccinales, fussent-elles débiles : alors qu’à la différence des médicaments « classiques » (ceux qui sont supposés guérir ou améliorer une maladie constituée), les vaccins sont réputés exercer leurs effets immunologiques bénéfiques sur plusieurs années, voire plusieurs décennies, au nom de quoi tiendrait-on pour acquis qu’ils ne peuvent exercer des effets immunologiques indésirables sur le même long terme ?"

Et sur la pharmacovigilance sensée nous rassurer parfaitement : "La pharmacovigilance après commercialisation offre un nouvel exemple de la parfaite incohérence des autorités sanitaires en matière de vaccination : alors que la dramatisation de l’exceptionnel est le prétexte constant pour promouvoir les vaccinations les plus diverses (pensez à la rougeole ou à la grippe), toute complication de cette promotion vaccinale est balayée d’un revers de la main au motif qu’elle serait «exceptionnelle»...

Une autre incohérence fournit une autre raison objective de se méfier : alors que des données collectées par un système comme le VAERS américain sont complaisamment évoquées lorsqu’elles sont rassurantes, elles sont immanquablement disqualifiées pour leur manque de fiabilité dès qu’elles suggèrent un problème de tolérance."

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En ce qui concerne le Gardasil et la vaccination anti-grippal - qui ne sont pas évoqués dans la tribune du Professeur Tapiéro-, il est important de s'y arrêter. Au sujet de la vaccination anti-grippale, il y a tellement d'idées reçues, d'informations à présenter, à analyser et méditer, qu'il est difficile de savoir par quoi commencer. Peut-être par la plus récente, concernant le dernier rapport du Haut conseil de la santé publique, analysée par le blog Docteur du 16 : Grippe : le HCSP extrapole et indique au doigt mouillé 2000 morts évités par an par la vaccination chez les personnes âgées.

Extraits : "Le dernier rapport du HCSP (Haut conseil de la santé publique), sur L'efficacité de la vaccination contre la grippe saisonnière  chez les personnes âgées et les professionnels de santé est à la fois un modèle de désinformation et un argumentaire transparent sur la stratégie de l'industrie du vaccin (big vaccine) pour les prochaines années. Il met également en exergue l'état de la corruption de l'Etat dans le domaine de la Santé publique puisque le gouvernement et les agences gouvernementales sont non seulement infiltrés mais sciemment remplis d'experts dont les liens avec les fabricants de vaccins sont patents et dont ils ne se cachent même pas puisqu'ils sont persuadés qu'il s'agit d'une reconnaissance de leur expertise. Il est vrai que des affaires récentes ont rappelé s'il en était besoin que la politique de fixation des prix des médicaments comme la gestion des campagnes de santé publique étaient décidées dans des antichambres ministérielles et durant de discrets repas où sont présents les  représentants de big pharma."

Plutôt surprenant, on apprend notamment dans ce rapport, pourtant largement en faveur de la vaccination que :
- les études concernant l’efficacité de la vaccination des soignants pour protéger les patients sont peu nombreuses, difficiles à réaliser et entachées de nombreux biais. La majorité des résultats sont en faveur d’un effet protecteur mais le niveau de preuve est faible.
- La politique de vaccination contre la grippe des personnes âgées a été mise en place sans qu’il existe d’éléments scientifiques robustes démontrant l’efficacité des vaccins grippaux dans ce groupe de population .

Article très détaillé et technique à lire dans son intégralité pour réellement comprendre de quoi il en retourne : http://docteurdu16.blogspot.be/2014/11/grippe-le-hcsp-extrapole-et-indique-au.html

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Ici, l'analyse d'un communiqué du Collège National des Généralistes Enseignants recommandant la vaccination anti-grippale : http://docteurdu16.blogspot.nl/2012/11/le-college-national-des-generalistes.html. Où il en ressort  clairement que "la politique vaccinale du gouvernement français [...] est fondée sur des données incertaines, controversées, truquées, corrompues par des études industrielles sans contrepartie."


Là, lien entre vaccination contre la grippe H1N1 et narcolepsie avéré : Pandemrix : un scandale sanitaire, un de plus.


Egalement : Vaccination anti grippale : une étude danoise qui remet en cause la stratégie officielle... par Claudina Michal-Teteilbaum

De ce long article analytique et documenté, qui vaut largement le coup d'être lu, il faut retenir : "La décision de recommander la vaccination de toutes les femmes enceintes ne repose donc sur rien de tangible, néglige totalement les rapports bénéfice/risque et coût/bénéfice de la vaccination.

On peut tenir le même raisonnement pour les asthmatiques.
Pour ceux-ci, se pose aussi la question des bénéfices de la vaccination. Deux études sérieuses sont en faveur d’une aggravation de l’asthme chez les enfants asthmatiques vaccinés de manière itérative (ICI et LA). Cette dernière étude montre que la fréquence des visites chez le médecin est presque trois fois plus grande pour les enfants asthmatiques vaccinés et qu’ils se rendent aux urgences deux fois plus souvent."

"Alors que la grippe reste une maladie bénigne, que le virus de la grippe est un virus parmi tant d’autres, et qu’il n’est pas responsable de la majorité des syndromes grippaux, le HCSP persiste à élargir les indications de vaccination contre la grippe en dépit du bon sens, en tirant des conclusions extrapolées à partir d’arguments pour le moins peu convaincants.
Des études sérieuses suggèrent, de manière cohérente, que la vaccination généralisée et itérative contre la grippe, en particulier la vaccination des enfants, pourrait générer une augmentation des cas de grippe et de leur gravité."

Pour finir, mais on pourrait en rajouter encore un paquet : Le vaccin anti grippal ne marche pas en institution. Les experts n'en tiennent pas compte.

Intro de l'article : "La vaccinologie est une drôle de spécialité académique. Elle a droit aux indulgences les plus médiocres. Elle a le droit à tous les égards de la pensée magique.
Ce rapport trouvé dans le MMWR (Mortality and Morbidity Weekly Report) (ICI) et émanant du très sérieux CDC (Center for Disease Control and Prevention) d'Atlanta est ébouriffant. Pour deux raisons : la première raison en est que les malades les plus gravement atteints par les syndromes grippaux étaient tous vaccinés contre la grippe ; la seconde tient aux explications et aux recommandations des commentateurs."
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Sur le Gardasil, on peut commencer par souligner que celui-ci est au centre d’un immense réseau de conflits d’intérêts : "Il faut savoir qu’il y a, ces dernières années, environ 2500 nouvelles publications concernant le papillomavirus chaque année répertoriées sur la base de données bibliographiques Medline, et que la grande majorité d’entre elles sont financées soit par l’industrie pharmaceutique, directement ou de manière plus ou moins occulte, soit par des organismes publics qui ont des conflits d’intérêts financiers au sujet de ce vaccin, comme le NIH (National Institute of Health). Le NIH désigne un groupement d’instituts publics américains s’occupant de recherche médicale dont le NIC (National Institute of cancer) fait partie. Le NIC ayant cédé certains brevets concernant la fabrication du Gardasil à Merck touche, de la part de ce laboratoire, des royalties proportionnelles aux ventes du vaccin. Le NIH, présente la particularité de gérer les subventions publiques à la recherche médicale et d’héberger la base de données bibliographiques Medline, la plus grande base d’articles médicaux au monde. Le NIH dépend du département de la santé américain."
Source : le blog du Docteur du 16

Sur ce fameux vaccin il y a beaucoup à dire et à comprendre, malheureusement l'information sérieuse, pertinente et indépendante, ne circule pas ou trop peu dans les  grands médias, qui motivés par l'urgence de produire du papier et de vendre, relaient soient les informations sensationnelles des mouvements anti-vaccinalistes, soit la propagande marketing des laboratoires.

Pour faire le tour rapide de la question, à voir et à écouter l'argumentaire jamais contredit du Dr Phillipe de Chazournes, lanceur d'alerte sur le Gardasil, président de l’association de formation et d’information médicale indépendante Med’ocean :


Il a mis en ligne début 2014 une pétition demandant la mise en place d'une mission parlementaire concernant le Gardasil.

A rappeler au passage, que pour cause d'effets indésirables graves et/ou mal évalués le Japon et l'Autriche ne recommandent plus le vaccin.

Toujours à l'initiative de Philippe de Chazournes, sur le Gargasil, à voir le passionnant (et édifiant) Colloque du 23 juin 2014 à la représentation du parlement Européen à Paris, en 4 parties sur youtube :

Y interviennent, entre autres, "Michel Coletti, médecin généraliste, ancien pharmacien, formateur indépendant de médecins généralistes et fin connaisseur des circuits administratifs et des  politiques du médicament en France. Il y explique, avec humour, de quelle manière les décisions concernant les médicaments sont biaisées et comment tout le système est détourné au profit de l’industrie pharmaceutique."

On y apprend au passage qu'en 2012, 88 % des nouveaux médicaments ont obtenu une ASMR 5, c'est à dire des nouveaux traitements mis sur le marché qui n'apportent aucune amélioration par rapport à ceux déjà en circulation. Et toujours en 2012 aucun des nouveaux médicaments n'a obtenue une ASMR 1 (progrès thérapeutique majeur).

Présent également "le Dr Jean-Paul Hamon, président du syndicat FMF [Fédération des Médecins de France] qui cite des exemples de dysfonctionnements de la régulation du médicament, dont le vaccin  contre le papillomavirus, et les coûts associés. Le Dr Alain Siary, médecin généraliste, formateur dans une association de formation indépendante, la SFTG [Société de formation thérapeutique du généraliste], explique de manière circonstanciée et claire l’histoire naturelle du cancer du col utérin, les facteurs de risque, l’épidémiologie et l’intérêt du dépistage.", etc.

Au terme de ce colloque on peut aisément conclure que le choix d'inclure le Gardasil dans le plan cancer et une décision politique en faveur de la toute puissance des labos et de leur porte monnaie... et non une décision en faveur de l'intérêt général ni de la santé publique.


Et pour retenir l'essentiel sur cette affaire, à lire : "Le péché originel du Gardasil" du docteur Claudina Michal-Teitelbaum.

Il est question de l'analyse médico-économique du Gardasil : "Le bénéfice éventuel du vaccin, qui n’a pas d’effet thérapeutique et ne doit pas être utilisé chez des jeunes filles déjà infectées, ne pourra être envisagé qu’en termes de bénéfice supplémentaire obtenu à très long terme, et en marge du bénéfice du frottis. En fait, l’analyse médico-économique effectuée par l’INVS, montre qu’en cas de généralisation du dépistage organisé, et dans l’hypothèse d’un bénéfice maximal et constant du vaccin de 70% de préventions des cas de cancer du col, une réduction statistiquement apparente du nombre de cas du cancer du col, avec une couverture constante de 80%,  n’apparaîtrait que dans 70 ans. Ainsi, l’analyse médico-économique permet de répondre à la question : « quelles sont les conditions pour que le vaccin apporte un bénéfice ? »
La réponse est : ces conditions sont nombreuses et très difficilement réalisables. Et, même dans le cas où toutes ces conditions seraient réalisées, le bénéfice serait faible au niveau de la population, donc très improbable au niveau individuel, puisqu’on n’obtiendrait, si toutes les conditions étaient réunies, qu’une réduction supplémentaire de 18% du nombre de cas de cancer du col utérin à échéance de 70 ans.
A contrario, cela signifie que si une seule de ces conditions n’est pas réalisée, par exemple si la couverture vaccinale n’était que de 60% au lieu de 80%, ou si l’efficacité du vaccin n’était que de 50% au lieu de 70%, ou bien si le vaccin ne protégeait pas à vie, etc., dans tous ces cas le vaccin n’apporterait aucun bénéfice en termes de santé publique et donc n’aurait aucune utilité.
Il ne resterait alors du vaccin que ses effets indésirables et son coût exorbitant."

De plus on apprend que le Gardasil a bénéficié d'une procédure accélérée d’évaluation  : "A lire le compte-rendu on voit que le comité [de la FDA]  était bien conscient que l’utilisation de cette procédure risquait d’aboutir à une expérimentation d’une durée illimitée sur une population de jeunes filles en bonne santé. Il demandait donc que ce passe droit soit assorti de l’obligation de mener des études de confirmation démontrant un effet réel du vaccin sur les cancers du col. Les seules études de confirmation ayant une réelle valeur scientifique auraient été des études randomisées.
Il proposait que les études de confirmation soient fondées sur le suivi des jeunes femmes incluses dans l’étude initiale  et permettent de comparer le nombre de cancers  survenus dans chacun des groupes, celui des jeunes filles vaccinées et celui des jeunes filles ayant reçu un placebo.
 Mais, une fois l’autorisation de commercialiser en poche, le laboratoire Merck s’est empressé de vacciner toutes les jeunes filles du groupe contrôle  de l’essai clinique (groupe non vacciné) rendant ainsi impossible une telle étude. Exposer à très grande échelle des individus à un vaccin ou médicament n’ayant pas démontré des bénéfices sur des critères pertinents va à l’encontre de tous les principes éthiques. C’est l’équivalent d’un essai clinique en population. C'est-à-dire d’un essai clinique très étendu mais sans la garantie qu’offre un véritable essai clinique, de pouvoir un jour tirer des conclusions quant à l’efficacité du produit."

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Cet article-revue de presse sera régulièrement mis à jour - actuellement en cours de remaniement 

jeudi 4 décembre 2014

Marie Heurtin, la grâce d'une rencontre qui éveille

Très beau film de Jean-Pierre Améris. D'après une histoire vraie (qui se déroule à la fin du 19ème siècle) d'une jeune sourde aveugle, que l'on découvre à l'âge de 14 ans, sauvage, enfermée dans son monde, quasiment incapable de communiquer avec son entourage. Elle va être recueillie par des soeurs qui parlent la langue des signes et s'occupent d'enfants sourds. En particulier par soeur Marguerite (formidable Isabelle Carré), qui voit en elle une grande étincelle de vie, et pressent son potentiel. Cette dernière va donc entreprendre de l'éduquer et lui apprendre la langue des signes, non sans grande difficulté... 


Beau, simple, contemplatif, d'une grande intelligence du coeur. Marie Heurtin est film qui nous nourrit, nous remplit, nous enrichit, et l'espace d'un instant nous éveil profondément à la vie. Avec au passage, une mention spéciale à la jeune actrice sourde qui incarne Marie Heurtin, qui est exceptionnelle ! Un film que je reverrai avec grande joie et qui fera prochainement partie, à n'en point douter, de ma dvdthèque :)





jeudi 13 novembre 2014

"Tout sur terre est relié"

"Photographie et écologie sont, pour moi, indissociables. Je vais continuer à suivre des tribus d'Amazonie. Je me sens bien avec ces gens. Ce sont nos ancêtres. Ils sont en harmonie avec la nature, n'ont pas l'obsession de l'argent et des guerres. L'agressivité est, pour eux, le pire défaut. Ils ne mangent que des animaux à sang froid, des tortues, des serpents, pour ne pas devenir violents comme les animaux à sang chaud. Genesis m'a ouvert les yeux. J'ai compris que tout, sur cette Terre, est relié. Si on passait un film en accéléré sur les milliards d'années écoulées, on serait fascinés par l'interaction entre les montagnes, les fleuves, la lumière, la végétation. Dans mes photos, j'essaie de montrer que la planète forme un tout, que l'on est plus proches des animaux qu'on ne le pense." Sebastião Salgado 


"Huit ans de travail, 30 voyages, 245 images… Le photographe Sebastião Salgado rend un hommage à la beauté de la planète. Développé depuis 2004, ce gigantesque projet nommé Genesis montre la richesse et la diversité des peuples qui vivent encore selon un mode de vie traditionnel, au cœur de la faune et de la flore. Dans ce tour du monde des paysages, Salgado reste fidèle à sa ligne de noir et blanc, classique et lyrique en même temps. Quand il se place face aux montagnes, face aux gens ou dans les paysages blancs, il est habité d'un autre souffle, puissant." Télérama

Découvrir les magnifiques photos de Sebastião Salgado  : www.pinterest.com

mercredi 1 octobre 2014

Frédéric Lenoir et Leili Anvar rencontre Christian bobin

Que c'est bon d'écouter Christian Bobin, un écrivain, un poète qui réconcilie avec la vie et nous montre la voie du merveilleux et l'extraordinaire dans les choses les plus simples et banales du quotidien. Il nous enseigne que le monde qui nous entoure devient caverne d'Ali baba si on prend le temps - et apprend - à le regarder. Comme nous le dit si justement Christian Bobin : " le bout du monde et le fond du jardin contiennent la même quantité de merveilles". 



samedi 30 août 2014

Carnet de voyance

Un petit quelque chose de chamanique ou d'animiste dans cette très belle illustration à la plume de Grégory Ledoux.



Pour découvrir d'autres visions inspirées de cet artiste, vous pouvez vous diriger vers son blog : illustrillus

mardi 17 juin 2014

lundi 28 avril 2014

Le chat qui allait seul son chemin


Savoureuse lecture du conte de Kipling par Jean Claude Ameisen, accompagné par des comédiens qui se font clairement plaisir. Cette histoire nous raconte comment le chat fût "domestiqué" par l'homme, enfin en l'occurrence ici par la femme... ou peut être comment, plus précisément, comment le chat nous a domestiqué :)



En préambule, Jean Claude Ameisen site des textes d'écrivains amoureux de chats. Et après le conte, il nous informe des derniers découvertes sur les premières domestications de l'homme.

Bonne écoute, et soyez prêt à retomber en enfance :

Illustration : Camille Camellya Danneels 
 






jeudi 24 avril 2014

La face invisible de « Star Wars »

En près de 40 ans, et bientôt 7 épisodes, la saga « Star Wars » est devenue un mythe. Pourquoi fascine-t-elle ? Et si elle traçait un véritable chemin initiatique ? Décryptage d’une épopée, de l’ombre à la lumière. 



« J’avais 11 ans lorsque j’ai vu le premier épisode, se souvient J.J Abrams, réalisateur du futur Star Wars 7, dont le tournage débutera en mai 2014. Ce film m’a marqué à jamais. Tout était possible, il existait dans l’univers un monde inconnu, d’une incroyable richesse. C’est ce qui, aujourd’hui encore, nous interpelle. »

Un monde inconnu ? Parle-t-il simplement d’un univers où d’autres planètes sont peuplées, où les guerres se règlent dans les étoiles ? Pas forcément. Sous ses allures classiques d’affrontement entre le bien et le mal, Star Wars évoque les arcanes éternels de l’humanité… et en donne les clés. « George Lucas a été très influencé par le travail de l’américain Joseph Campbell sur les mythes, la façon dont ils s’articulent et ce qu’ils nous enseignent », indique l’universitaire Paul-Georges Sansonetti dans l'émission de radio Bob vous dit toute la vérité. Depuis la nuit des temps, d’un bout à l’autre de la planète, ces récits aux structures étrangement similaires ont pour but de nous transmettre un message. Que nous révèle donc l’histoire de Luke Skywalker ?

Voyage initiatique


Au début de la saga, le héros est un jeune homme ordinaire. Un concours de circonstances, pourtant, l’amène à s’extirper de son train-train, traverser ses peurs, transcender ses doutes et ses blessures pour relever des défis périlleux, en tirer une sagesse et accomplir un destin extraordinaire. « Son nom, déjà, n’a rien d’anodin, note Paul-Georges Sansonetti. Skywalker : celui qui marche au ciel, qui va prendre la mesure de sa dimension céleste. » Car là est bien le sujet, dans les parcours croisés de Luke et de son père, Anakin, devenu le maléfique Dark Vador. Qu’est-ce qui, à un moment donné, nous fait pencher vers l’ombre ou bien vers de la lumière ? « Selon l’expression du Tao, il n’y a pas l’épaisseur d’un fil d’araignée entre le bien et le mal », rappelle Paul-Georges Sansonetti. A chaque instant, « on peut basculer d’un côté ou de l’autre ». La vie ne cesse de nous meurtrir, de nous challenger. Le choix est nôtre : nous laisserons-nous aller à la peur, à la colère, l’impatience, l’orgueil, la convoitise ou la soif de puissance, ou parviendrons-nous à dépasser cette tentation pour affronter notre part d’ombre, parvenir à la transcender et rayonner d’autre chose, plus vaste que nos égos ?

« Star Wars transmet l’idée qu’on récolte toujours ce que l’on sème », note Paul-Georges Sansonetti. Mais la saga n’est pas qu’une histoire de karma. Epaulé par la confrérie des chevaliers Jedi, Luke Skywalker découvre peu à peu que la maîtrise de son intériorité peut l’ouvrir à un monde plus vaste. Tout à la fois combattants de la justice et de la paix, gardiens d’une vérité et mentors spirituels, ces Jedi – à la croisée du Merlin du Roi Arthur, du Gandalf des hobbits, des Chevaliers de la Table ronde et des Samouraïs – transmettent au jeune homme un enseignement fondé sur la reconnaissance et la maîtrise de la Force, « un champ d’énergie qui nous entoure, nous pénètre, lie tous les êtres vivants et toutes les galaxies » - comme l’un d’eux dans le film. La notion n’est pas nouvelle : c’est le Chi des chinois, le Prana des hindous, le Dieu des religions monothéistes, le principe polynésien de Mana, le Ka de l’Egypte ancienne « qui désigne à la fois la force vitale et spirituelle, et le corps subtil, explique Paul-Georges Sansonetti. Pour les égyptiens, le point de concentration du Ka était une colonne représentant la colonne vertébrale d’Osiris, qu’ils appelaient le Djed »… Et dont Georges Lucas s’est peut-être inspiré pour nommer ses chevaliers.

L’entraînement que reçoit Luke Skywalker est donc une sorte de « yoga », de discipline complète de l’être destinée à faire taire le bruit du mental, se défaire des réflexes conditionnés, se relier à son intuition et prendre peu à peu conscience que nous ne sommes pas que matière, qu’une force subtile nous entoure, qu’il est possible de s’y connecter et de l’utiliser, si tant est que nous parvenions à limer notre égo pour atteindre l’unification du corps et de l’esprit, de soi et de tout le reste. Alors, comme les Jedi, nous serons capables de pouvoirs qui peuvent paraître extraordinaires (suggestion mentale, kinesthésie, sixième sens, télépathie)… Mais qui sont décrits par toutes les sagesses ancestrales, que ce soit le bouddhisme, le vedanta, l’alchimie ou la cabbale, comme le signe d’une progression vers la lumière.

Vers la non-dualité


« Dans Star Wars, ce yoga est enseigné depuis 800 ans par Yoda », remarque Paul-Georges Sansonetti, une espèce de tortue dont les oreilles pointues « captent les vibrations du monde. En extrême-Orient, la tortue incarne la sagesse, parce qu’avec son ventre plat et carré, symbole du monde matériel, et son dos rond, symbole du cosmos, elle se situe en équilibre entre la Terre et le Ciel. Son nom renvoie aussi à yod, la plus petite des lettres hébraïques, qui contient en germe toutes les autres. » Pour les spécialistes, la saga fourmille ainsi d’informations codées. La mère de Luke, par exemple, s’appelle Padme – « lotus » en sanskrit, emblème de l’accomplissement spirituel ; elle vit sur la planète Naboo, nom d’une divinité babylonienne de la sagesse ; elle règne sur un environnement vert et généreux évocateur de Gaïa, aux antipodes du monde métallique et sans âme mis en place par l’Empire. La maison mère de l’ordre Jedi « est un véritable mandala en trois dimensions, indique aussi Paul-Georges Sansonetti. Elle se compose d’une enceinte carrée, flanquée de quatre tours aux angles et d’une tour centrale, symbole de l’axe qui permet de passer du monde terrestre au monde céleste ».

Pour y parvenir, le héros a besoin de s’entourer. Comme Frodon avec la Communauté de l’Anneau, Luke ne peut réussir sans ses compagnons. Une fois encore, exit le dualisme et la présomption de penser qu’on est seul assez puissant ! Les troupes qui finiront par vaincre le Mal sont fortes de leur diversité : tous leurs membres sont différents, tous savent mobiliser leurs ressources propres, coopérer et apprendre des autres, au service d’un bien commun qui dépasse leurs individualités. Dans Star Wars, Han Solo se défait ainsi peu à peu de ses postures de cowboy cynique et marginal pour s’ouvrir à l’altruisme, et s’engager dans une cause qui ne le concerne pas directement.

Jusqu’à la leçon finale : quand Luke, toute peur et toute haine dépassées, choisit d’essayer de ramener son père vers le bien, quitte à y perdre la vie, puis quand Dark Vador décide de sortir son fils des griffes de l’Empereur et de débarrasser la galaxie de celui-ci, « on est en pleine alchimie », dit Paul-Georges Sansonetti : les dualités se réconcilient, l’équilibre est rétabli, les ténèbres se convertissent en lumière. Cette force de métamorphose est en nous. Toutes les sagesses traditionnelles s’en font l’écho. De son acceptation, de sa compréhension, peut naître un rapport au monde plus juste, plus profond, où matériel et spirituel, visible et invisible cohabitent – comme à la fin de Star Wars, quand les Jedi défunts se tiennent aux côtés des vivants.

Le message est toujours d’actualité : quelle place faisons-nous à la Force dans nos vies ? Lorsque George Lucas a imaginé Star Wars, le monde occidental aspirait à un changement de société : la France sortait de mai 68, les Etats-Unis s’enlisaient dans la guerre du Vietnam et le scandale du Watergate, le choc pétrolier engendrait de graves tensions économiques… De tout temps, de la Rome antique à l’Allemagne hitlérienne, le monde a vacillé sous les luttes de pouvoir, la corruption, la perte de l’intérêt général, la volonté de toute-puissance. Pourquoi en arrivons-nous là ? Que changer à nos façons d’être et d’envisager le monde pour redonner à notre humanité un sens, la reconnecter à sa source ? Quand l’homme comprendra-t-il qu’il ne peut continuer dans le culte du « moi je » et de l’avoir ? Qu’il existe un ordre et une force capables de le guider, de le connecter à tout l’univers, de le relier à une justesse de vision, d’intention et d’action ? « Le film nous enseigne qu’il est utile d’ouvrir notre cœur à la part de mystère de la vie », conclut l’une des intervenantes du documentaire Star Wars, les origines d’une saga. « Cela nous aide à accomplir notre propre voyage du héros. » Que le périple commence. Que la force soit avec nous. 
Sourcewww.inrees.com


Photo : © Stars Wars Georges Lucas

vendredi 11 avril 2014

Explorers de Joe Dante

Si enfant ou ado, vous rêviez avec un bout de circuit électronique et les babioles qui trainaient dans votre grenier ou garage, de fabriquer un engin spatial... ce film de 1985 est à (re)découvrir !

"Derrière cette façade de petit blockbuster foutraque pour graine de héros, Explorers cache un conte sensible d’une rare justesse, rempli d’affection et de mélancolie sur les illusions de l’enfance et l’appréhension du monde réel qui l’entoure, un véritable hommage à l’innocence perdue"
Lire la présentation et critique complète : www.filmdeculte.com

"Empreint d'une douce nostalgie et croquant parfaitement ses personnages interprétés avec naturel (on reconnaîtra un tout jeune Ethan Hawke), "Explorers" est une ode aux rêves et au merveilleux"
Lire la critique complète : www.senscritique.com

lundi 17 mars 2014

Apprivoiser la nature, apprivoiser le feu

Jean Claude Ameisen, formidable conteur, associe science, histoire, littérature et poésie, pour nous offrir de fabuleux récits initiatiques qui nous font voyager à travers l'espace et le temps... Ici il nous parle entre autre, de la 1ère domestication de l'homme : le feu.  

"Dans les temps les plus noirs, il recevait la substance qui le fait vivre ; à l’abri de la pluie, des tempêtes, de l’inondation, il avait franchi les fleuves et les marécages, sans cesser de bleuir au matin et de s’ensanglanter le soir. Sa face puissante éloignait le lion noir et le lion jaune, l’ours des cavernes et l’ours gris, le mammouth, le tigre et le léopard ; ses dents rouges protégeaient l’homme contre le vaste monde. Toute joie habitait près de lui. Il tirait des viandes une odeur savoureuse, durcissait la pointe des épieux, faisait éclater la pierre dure ; les membres lui soutiraient une douceur pleine de force ; il rassurait la horde dans les forêts tremblantes, sur la savane interminable, au fond des cavernes. C’était le Père, le Gardien, le Sauveur, plus farouche cependant, plus terrible que les mammouths, lorsqu’il fuyait de la cage et dévorait les arbres."

Lien direct vers l'émission : http://www.franceinter.fr/emission-sur-les-epaules-de-darwin-apprivoiser-la-nature


dimanche 9 mars 2014

Succès : les bûcherons sont expulsés du territoire des Indiens awá

"Les Awá sont l’une des dernières tribus de chasseurs-cueilleurs nomades du Brésil qui dépendent de la forêt et de ses ressources pour leur survie. Mais ces dernières années ils vivaient dans une crainte constante au fur et à mesure que les bûcherons clandestins envahissaient leurs terres."

Les Awá sont l'une des dernières tribus de chasseurs-cueilleurs nomades d'Amazonie. Ils dépendent de la forêt pour leur survie.
 La campagne mondiale de Survival International, parrainée par Colin Firth, en faveur des Indiens awá, considérés comme la tribu la plus menacée de la Terre, a été couronnée de succès cette semaine, les bûcherons et les éleveurs responsables de la destruction de la forêt de cette tribu d’Amazonie brésilienne étant en cours d’expulsion. L’échéance du départ volontaire des envahisseurs arrivait à son terme lundi 24 février.

Selon les rapports de la FUNAI, le département des affaires indigènes du Brésil, plusieurs bûcherons et éleveurs ont volontairement quitté la zone la semaine dernière, et une équipe de terrain est chargée d’expulser les derniers retardataires avant le 9 mars prochain.

Visionnez une vidéo de la FUNAI montrant la première étape de ’l’Opération Awá’. Pire’i Ma’a, un Awá y raconte : ‘Tout [le gibier] a été effrayé… Il y a des bûcherons partout. Ils abattent les arbres et on ne peut plus chasser… Nous avons dénoncé la présence des bûcherons avec leurs tronçonneuses, leurs machines et leurs camions qui grondent’.

Cette opération représente un immense succès pour la campagne de grande envergure que Survival a menée pour sauver la tribu awá de l’extinction. Après son lancement en avril 2012, le gouvernement brésilien avait annoncé que le cas awá constituait une priorité absolue et a envoyé une équipe de terrain d’au moins 200 soldats, policiers et agents de l’État au début de l’année pour expulser les envahisseurs. Des sources officielles ont confirmé que le lancement de cette opération a été principalement dû à la pression internationale.

Le ministre brésilien de la Justice a reçu plus de 56 000 messages de la part des sympathisants de Survival l’appelant à protéger le territoire awá, et des célébrités comme l’acteur Colin Firth, la créatrice de mode Vivienne Westwood et le photographe brésilien Sebastião Salgado ont diffusé dans le monde entier le message ‘Brésil : sauvez les Awá’.

La Commission interaméricaine des droits de l’homme, la plus haute instance en matière de droits de l’homme des Amériques, a également exigé des réponses du Brésil sur sa politique vis-à-vis des Awá, après avoir reçu un rapport urgent de Survival et de l’ONG brésilienne CIMI, qui travaille en étroite collaboration avec les Awá depuis des décennies.

Les Awá sont l’une des dernières tribus de chasseurs-cueilleurs nomades du Brésil qui dépendent de la forêt et de ses ressources pour leur survie. Mais ces dernières années ils vivaient dans une crainte constante au fur et à mesure que les bûcherons clandestins envahissaient leurs terres.


Plus d’un tiers de la forêt de l’un des territoires awá ont déjà été détruits et la tribu est extrêmement inquiète pour la sécurité des membres isolés de son groupe qui sont forcés de fuir constamment devant le front des bûcherons lourdement armés.

Nixiwaka Yawanawá, un Indien d’Amazonie qui collabore avec Survival International, a déclaré aujourd’hui : ‘Si les autorités brésiliennes chassent les envahisseurs des terres awá, c’est grâce à la campagne de Survival qui a mobilisé l’opinion internationale. Pour que les Awá survivent, le gouvernement doit garantir la protection à long terme de leurs terres. Sinon ils seront anéantis, comme tant d’autres tribus dans l’histoire du Brésil’.

Stephen Corry, directeur de Survival International a déclaré : ’L’opération Awá n’aurait jamais eu lieu sans la campagne de Survival et les milliers de sympathisants du monde entier qui ont agi pour empêcher l’extinction de la tribu la plus menacée de la Terre. Près d’un demi-siècle de campagnes menées pour la reconnaissance des droits des peuples indigènes nous ont montré que l’opinion publique est la seule force efficace capable d’apporter un réel changement’.

Source : www.survivalfrance.org

Photo : © Domenico Pugliese/Survival

lundi 3 mars 2014

mardi 25 février 2014

La science et moi : Qui suis-je vraiment ?

"Ce sont le même air, la même eau, les mêmes nutriments, les mêmes particules de lumière, qui sont à l’intérieur et à l’extérieur de nous et des autres êtres vivants. Ca circule constamment, majoritairement à notre insu. Nous sommes alors faits d’une danse de poussière d’étoiles car les atomes qui font notre corps sont vieux comme le monde et ils continuent de circuler."

Certaines données scientifiques nous questionnent sur notre identité. Car face à certains chiffres, nous sommes en droit de nous demander : mais qui sommes-nous vraiment ? Vertige au pays du « Moi ».
© Brooke Shaden
Pour commencer, la science nous dit que nous sommes faits en moyenne à 70% d’eau. Mais si l’on compte le nombre de molécules d’eau dans une cellule, du fait que ces molécules sont plus petites, il y en a beaucoup. A vrai dire, énormément. « L’eau représente 70% de la masse d’une cellule. Mais si l’on compte les objets, c’est-à-dire le nombre de molécules présentes dans une cellule, celle-ci est alors faite à 99% d’eau. Il faut compter jusqu’à 100 pour trouver un objet qui ne soit pas de l’eau dans une cellule », nous dit le Pr Marc Henry, chercheur en chimie et spécialiste de l’eau. 99% des molécules qui composent nos cellules sont des molécules d’eau, ça commence fort.

De plus il y a, non pas 2 fois, mais 10 fois, plus de bactéries dans notre corps que de nos propres cellules humaines. 10 puissance 15 bactéries contre 10 puissance 14 cellules. C’est simplement vertigineux. Un zéro de plus derrière le 1 sur un chiffre déjà faramineux, ça fait une différence énorme. « C’est-à-dire que (plus de) la moitié de moi-même, ce n’est déjà pas moi-même en quelque sorte », explique Jeremy Narby, un anthropologue qui s’est penché sur la question. Que font-elles là, toutes ces bactéries ? Sont-elles en train de nous parasiter ? Pas du tout. « Nous avons besoin de ces bactéries pour préserver le bon fonctionnement de notre écologie interne. Par exemple, nous ne pouvons pas synthétiser toutes nos vitamines sans elles, ou encore, la présence de certaines bactéries ou certains champignons nous aide à éloigner d’autres bactéries ou champignons », explique Dorion Sagan, fils et collaborateur de Lynn Margulis, une biologiste spécialiste des bactéries.

Il y a aussi que les cellules humaines de notre corps, celles qui ne sont pas des bactéries, sont quand même issues de bactéries. Décidément. « Nos propres cellules, celles qui composent nos tissus, sont le résultat d’une symbiose de plusieurs bactéries qui ont accepté de fusionner pour former une cellule plus complexe », poursuit Dorion Sagan. Comme nous l’explique l’article « La coopération du vivant » (Inexploré n°21), il y a de cela des milliards d’années des bactéries ont accepté de s’emboîter pour être plus efficaces ensemble, ce qui a donné naissance à l’ancêtre de la cellule humaine. Et nous pourrions continuer à sortir d’autres données étonnantes du chapeau de la science, sur la composition de notre corps humain... La question qui émerge alors, est : qui sommes-nous dans tout ça ?

Le tout est plus que la somme de ses parties


Ce que ces données nous amènent surtout à comprendre, c’est que nous ne sommes pas une « chose » ou un objet spécifique, à part du reste du monde. Nous sommes composés des mêmes éléments chimiques et des mêmes bactéries qui composent la nature. Cela fait que nous ne pouvons pratiquement pas, par exemple, trouver de molécules qui soient exclusivement humaines. Nous aurions bien quelques gènes à nous, mais très peu au final. Nous partageons la très grande majorité de notre génome avec nos cousins les primates. Alors qu’est-ce qui explique nos caractéristiques ? Qu’est-ce qui fait de nous des êtres humains ? Car, si sous les microscopes la différence n’est pas frappante, il est indiscutable qu’à grande échelle nous avons nos spécificités.

La réponse ne se trouverait pas dans les composants de notre corps, mais dans la manière dont ils s’organisent. De nombreux philosophes et scientifiques expliquent que c’est dans l’agencement spécifique des parties qui nous composent, et dans la manière qu’elles ont de produire un flux d’information, que la caractéristique de toute chose apparaît. Nous serions alors composés d’échantillons du monde, agencés de manière humaine. « En biologie, les nouvelles découvertes nous montrent que la cohérence d’ensemble émerge de l’interaction entre les parties, mais n’existe pas dans les parties elles-mêmes », nous explique le philosophe des sciences Erwin Laszlo dans ses cours à la Giordano Bruno Globalshift University. Une qualité autre que celle contenue dans les éléments émerge, se manifeste. Certains l’appellent information, d’autres conscience, car il semble quand même bien y avoir une intelligence à l’œuvre. Au cours de son évolution, la vie aurait donc tendance à se complexifier. Elle produirait constamment de nouvelles formules, avec les mêmes éléments de base, permettant l’apparition de capacités et états de conscience novateurs. « Comme l’explique le biologiste Ludwig Van Bertalanffy, l’évolution crée à chaque étape une nouvelle stabilité dynamique d’une complexité supérieure. Une nouvelle conscience émerge, qui unifie les informations échangées entre les composants », poursuit Erwin Laszlo. Nous sommes une sorte de table périodique des éléments organisée en une splendide mosaïque en 3 - et peut-être plus - dimensions qui donne la vie à la conscience humaine.

Un micro-écosystème en dialogue constant avec le monde


Composé des mêmes éléments que le monde, notre corps s’inscrit dans une continuité de matière et d’information avec la biosphère – le monde vivant sur cette planète. Ce sont le même air, la même eau, les mêmes nutriments, les mêmes particules de lumière, qui sont à l’intérieur et à l’extérieur de nous et des autres êtres vivants. Ca circule constamment, majoritairement à notre insu. Nous sommes alors faits d’une danse de poussière d’étoiles car les atomes qui font notre corps sont vieux comme le monde et ils continuent de circuler. « La vie est un continuum qui n’a jamais été rompu depuis qu’elle est apparue et l’homme est totalement imbriqué dans ce système », souligne Dorion Sagan. Les bactéries avec lesquelles nous vivons en symbiose sont des témoins privilégiés de cet enchevêtrement. Elles participent à des transferts de gènes dont nous ne soupçonnons même pas la rapidité et l’ampleur. « En tant qu’individus, nous sommes déjà remplis de toutes sortes d’intelligences qu’on commence à découvrir. Sans parler du fait que n’importe quel être, n’importe quel brin d’herbe à côté de moi, est également une sorte de cathédrale cellulaire, un organisme sensible qui perçoit. Tout l’édifice de la vie sur terre grouille d’une intelligence énorme et biologique, et on en fait partie », raconte Jeremy Narby.

Un véritable tapis de vie, s’étendant d’à peu près 10 km en deçà de la croûte terrestre à 15 km au dessus, tissé des relations de tous les éléments qui le composent, serait alors traversé par des flots constants d’informations de différentes natures. Et nous sommes des perles entrelacées dans cette étoffe. « Nous sommes un système vivant ouvert, qui échange continuellement de la matière, de l’énergie et de l’information avec l’environnement. Le monde n’est pas en dehors de nous et nous ne sommes pas en dehors du monde », explique Erwin Laszlo. Ce que cela dit est que nous serions traversés de courants d’informations autres que purement humaines. « Notre sentiment d’unité n’est qu’une fraction de la multitude d’états théoriquement disponibles pour nous, et auxquels nous accédons en états modifiés de conscience. Donc il semblerait que ce dont nous faisons l’expérience, lorsque nous pensons être dans notre conscience individuelle, serait plus comme un raccourci. Cela ne veut pas dire que nous ne sommes pas, d’une certaine manière, des individus. Mais je ne pense pas que nous soyons des individus comme nous pensons que nous le sommes », conclut Dorion Sagan. Notre conscience humaine, précieuse, nécessaire à notre cohérence, ne serait qu’un bout d’une vaste conscience à laquelle nous aurions aussi potentiellement accès via notre matière et nos sens. Avons-nous oublié d’écouter aussi le monde en nous ? 
Source : Inrees 

mercredi 12 février 2014

Christophe André : "Sourire tout seul dans la nuit"


Je n’arrête pas de travailler. Aucun mérite : j’aime ça. Je ne parle pas ici du travail « officiel », de médecin, de conférencier, d’écrivain. Non, du travail d’humain : comprendre comment je fonctionne, pourquoi je déconne (parfois), et m’efforcer de m’améliorer et de progresser.

Je ne me lasse jamais de ces efforts parce qu’ils sont intéressants, qu’ils me rendent plus heureux et qu’ils rendent mes proches plus heureux (je suis moins casse-pied et je leur donne mieux ce qu’il y a de bon en moi).

Bon. Alors voici les dernières nouvelles du boulot : depuis quelque temps, j’arrive à sourire la nuit, dans le noir, dans mon lit, quand tout le monde dort dans la maison. À sourire pour de vrai, à faire sourire tout mon corps et mon cerveau, même quand des soucis me gênent pour m’endormir, ou m’ont réveillé.

En général, je dors plutôt bien. Pour m’y aider, je fais d’ailleurs un peu de « détox du stress » quand je me mets au lit, avant même de chercher à dormir : je repense aux bons moments de la journée (et si la journée a été dure, je cherche les tout petits bons moments, les micro-bonheurs qui ont eu lieu malgré tout), je médite en pleine conscience (juste être là, présent à mon corps et mon souffle, sans attente et sans jugement). En faisant tout cela, je relâche les adhérences de mon esprit aux soucis : ils sont toujours là, mais n’accrochent plus aussi fort à mes pensées. Et en général, je m’endors plutôt facilement.

Mais ça ne marche pas toujours. Parfois le sommeil tarde à venir, parfois je me réveille au milieu de la nuit.

Alors je respire et je souris. Je prends le temps d'observer comment le sourire prend naissance et chemine en moi. Un vrai sourire, que personne ne peut voir mais que je sens parfaitement, un sourire du dehors (du visage) et du dedans (du cerveau). Doux et discret, mais vrai. Pas question de se mentir à soi-même.

Je souris à ce qui est là, à l’insomnie et à la vie. Je souris à toute mon existence, à ce mélange de grandes belles choses et de petits trucs qui grattent, qui stressent, qui dérangent, qui irritent, qui agacent, qui inquiètent. Et qui parfois désespèrent. Alors, je fais aussi de mon mieux pour sourire aux nouvelles très tristes et très douloureuses. Je n’y arrive pas toujours. Cela marche mieux, bien sûr, pour l’adversité ordinaire.

Je souris en respirant, en ressentant mon corps, mon souffle, en accueillant les sons et les soucis, sans m’accrocher à rien, de mon mieux.

Je souris en me disant que c’est ainsi, que cet instant d’insomnie est un instant de ma vie, qu’il compte autant que tout le reste, qu’il vaut la peine.

Et je sens, comme je ne me force pas, que ce sourire détend mon corps et mon esprit. Alors parfois je me rendors. Et parfois non. Pas grave.

Désormais j’aime sourire dans le noir, en respirant doucement, en observant les vagues de mes peurs s’écraser sur la plage de ma conscience, reculer, revenir, s’écraser encore.

J’admire le fracas de leur ressac, l'écume de leur acharnement, j’aperçois au loin l’océan des incertitudes, du mystère et de l’éternité. Tout ça la nuit, depuis mon lit.

Que pèse à côté le souci du sommeil ?

Illustration : si vous avez du mal à sourire, vous pouvez aussi compter les moutons, ou les wagons d'un très grand train (photo de David Plowden).

Source : psychoactif - le blog de Christophe André